C H A P I T R E ______ 2
Amélie n'était pas sorti depuis au moins 6 mois, la sensation du vent sur sa peau, la lumière projetée par la lune, les maisons éclairés, les différents bruits de la ville, les voitures, tout cela elle les avait oublié. Elle resta planté la quelques secondes admirant sa liberté mais elle devait partir, partir loin de cette maison, loin de cette ville, personne ne devait savoir qui elle était. Amélie n'avait jamais eu d'amis sauf lorsqu'elle était petite, les anniversaires elle ne connaissait pas. Elle savait juste qu'elle avait entre 16 et 18 ans.
Elle ne pensait à rien d'autre qu'à sa liberté, cette impression si forte que rien ne lui arriverait de plus pire que tout ce qu'elle avait vécue. Errant dans les rues au hasard, elle observait toutes ces choses inconnues, son sentiment de culpabilité s'était évaporé, plus rien ne pouvait la toucher, l'atteindre, elle était dans son monde enfin elle pouvait rêver. Le temps passait, elle avait faim, froid, elle était seule ... Elle s'aventura dans une ruelle sombre, sinistre.
- Hey !! Mad'moizelle
Amélie se retourna, un homme d'une quarantaine d'années se tenait la avec une bouteille vide à la main, une odeur nauséabonde le recouvrait. Amélie était méfiante, plus jamais elle ne ferait confiance à un homme elle le savait, elle ne voulait plus revivre tout ca, ses mains se cramponnaient au pans de sa robe. L'homme ivre mort la regardait avec un oeil vitreux, il était assoifé d'alcool et de sexe.
- T'es perdue ma jolie ?
- Non !
- Allez viiens avec moi, j'vais pas t'faire de mal, tu vas voir, tu sentiras presque rien.
- Laissez-moi.
Amélie partit en courant, ses pieds glissaient sur le macadam mouillé, sans chaussures les graviers et bouts de verre l'éraflaient. mais elle ne fit pas attention à la douleur, elle continuait de courir sans s'arreter, sans se retourner. Amélie habitait près de Paris, dans la banlieue , son sens de l'orientation n'était pas l'un des meilleurs mais elle finit par trouver la gare. Elle décida alors de partir pour la capitale, c'était la seule idée qu'elle avait trouvé. Dans le train, il y avait une vieille dame presque aveugle qui se tenait à sa canne comme si c'était la prunelle de ses yeux. Personne d'autre Amélie était tranquille pour le voyage, les minutes passèrent et elle s'endormit contre le carreau glacé.
Une heure avait passé quand elle se réveilla, la vieille dame avait disparu, le train s'arreta et Amélie descendit, elle ne savait pas où elle était mais peu importait. Elle admirait à présent la beauté de cette ville si belle la nuit, jamais elle n'aurait pu imaginé une telle chose réelle mais si ca l'était, toutes ses boutiques alignaient, le fleuve près d'une grande tour, elle ne conaissait rien mais cela lui donnait envie de rester à Paris toute sa vie. C'était tellement merveilleux que pendant 2 heures environ elle regardait avec des yeux admiratifs tout ce qui se trouvait à sa portée. Puis morte de fatigue elle s'assied par terre, le long d'un grand hotel de luxe et ferma les yeux pour se retrouver dans ses rêves. Quelqu'un la réveilla brusquement.
- Tu peut pas rester la !!
- Quoi ?
- Dégage, ils sortiront pas de l'hotel !
- Qui ca ?
- A ton avis ! Allez dégage !!
- Non
Il la prit par le bras, Amélie ne supporta pas le contact avec cet homme brusque, cela lui rappelait trop de souvenirs douloureux, trop de choses qu'elle voulait oublié à tout prix. Elle hurla dans toute la rue, gesticulant pour ne pas se faire emmener par le vigile, celui-ci la tenait toujours fermement, il lui geulait dessus pour qu'elle se taise mais rien ne pouvait y faire, elle continuait de plus belle jusqu'à ce que plusieurs chambres de l'hotel s'allument. Amélie pleurait, les larmes chaudes coulaient le long de son visage blanc comme la neige, ses yeux humides appelés au secours.
- Elle ne vous embetera plus !
- Lache-la
- Mais ...
- Tu vois pas qu'tu lui fait mal
- Elle atten ... dait ... que ...
- J'tai dit de la lacher, tout de suite
Le vigile la lacha aussitot. Un jeune homme était arrivé. Amélie le regardait avec méfiance, il resterait de sexe masculin, cele ne changerait rien qu'il l'aide contre le vigile. Son visage elle le connaissait mais où l'avait-elle deja vu ? Ces cheveux lisses bicolores, ce teint aussi blanc que le sien, ces yeux noisettes maquillés de noir, ces habits si particuliers, elle le savait, tout cela lui semblait si proche mais si loin à la fois. La mémoire ne lui revenait pas. Ils se fixaient tout les deux, étudiant chaque mouvement, expression, trait du visage de l'autre. le jeune homme devait avoir pitié d'Amélie en la voyant dans cet état.
Mais des cris interrompirent ce moment d'observation si unique, magique entre deux êtres qui se ressemblaient. Il tira alors Amélie et s'engouffra avec elle dans la chaleur du hall de l'hotel. Ils grimpèrent les marches, entrèrent dans une chambre. Amélie n'avait pas protester, le contact avec sa main lui donnait envie de le suivre partout, jusqu'à l'autre bout du monde s'il le fallait. Elle ressentait un sentiment de pur bonheur dans son coeur, cette sensation qu'elle n'avait jamais éprouvé auparavant, ce sentiment si fort lui faisait pousser des ailes.
- La salle de bains est la-bas si tu veut te laver !
Amélie entra, se regarda dans le miroir. Cette âme dénudé de toute beauté, ce visage creusé par le desespoir, la solitude. Son visage l'effrayait, elle n'avait rien d'humain, on aurait dit une morte sortit tout droit d'un film d'épouvante. Elle se déshabilla mais en voyant l'état de son corps, cette maigreur, ces marques incrustées en elle, toutes ces choses qu'elle haissait. Elle s'appuya contre le mur et se laissa glisser, gémissant de honte, de tristesse. Tout ce temps passé dans cette maison l'avait transformé en cadavre ...
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